Rangiroa et Tikehau

Rangiroa et Tikehau

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Rangiroa

Après une nuit de navigation, nous arrivons à Rangiroa, l’atoll le plus grand des Tuamotu après celui de Fakarava, et le deuxième plus grand au monde après celui de Kwajalein, aux îles Marschall. Au vu de sa superficie, tout l’atoll de Tahiti rentrerait dans le lagon !

Nous ne resterons que quelques jours. Le village principal à l’ouest ne sera pas une bonne escale pour nous car le vent de Nord-Est est trop présent et soutenu. Nous nous mettrons au mouillage au sud de la passe de Tiputa. Un mouillage un peu encombré, rouleur et sa tranquillité est interrompue par les bateaux de plongeurs et de touristes.

Nous irons à la seule plage publique du motu. Une plage n’ayant pas grand intérêt. A terre, nous trouverons de quoi nous avitailler aux deux magasins. Ici à Rangiroa, la population pêche beaucoup le poisson bec de cane qu’ils mangent fréquemment salé. Nous trouverons dans le supermarché des pots de ce poisson émietté ou en cube. Naël et Patrice apprécieront, tandis que Camille refusera d’y goûter et moi ça ne sera pas un met à mon goût. Ici, ce poisson est consommé avec du riz chaud par exemple.

Un peu plus loin, nous arriverons sur le rivage de la passe de Tiputa. Le lieu a été «aménagé» pour pouvoir s’asseoir et observer l’activité dans la passe. Un endroit réputé pour voir une colonie de dauphins sauter dans les vagues du mascaret à marée sortante.

Nous irons aussi sur la terrasse de la pension Joséphine siroter un rhum local et observer la passe. Le spot est très venté. Vous ne nous croirez peut-être pas, mais en fin de journée, sans le soleil et avec le vent, le froid est venu un peu gâcher ce moment en famille.

De ce mouillage, nous irons en annexe de l’autre côté de la passe de Tiputa visiter le village du même nom.

Il existe également des taxi boat qui font le trajet. Un joli village s’offre à nous. Nous prenons plaisir à déambuler dans les ruelles. La végétation n’est pas la même, plus verte, plus dense, plus parfumée. Des fleurs et des pins viennent chatouiller notre odorat. Que cela fait du bien! Retrouver un peu de senteurs… oubliés.

Nous apercevrons même du raisin. Et oui ici, à Rangiroa, des français cultivent du raison et produisent du vin.

Un village avec de jolies petites maisons, nous en croiserons même une avec des tuiles en bois.

Nous terminerons notre ballade par le snack du petit port: Snack Reimanutea, où nous mangerons très bien.

Hamburger/frites pour les enfants et avec Patrice, nous partagerons deux plats : sashimis, thon épicés, thon à la tahitienne avec une sauce délicieuse. Un endroit que nous recommandons sans hésiter. Le terme snack pourrait signifier nourriture basique, mais détrompez-vous. La nourriture est recherchée et bien présentée.

Nous ferons quelques sorties snorkeling dans la passe et vers le petit îlot en sortie de passe. Un endroit qui se nomme l’aquarium. La visibilité est souvent mauvaise, mais après exploration du lieu nous trouverons un endroit avec une meilleure visibilité et de plus jolis coraux. Cet endroit est situé plus en avant du parcours aquatique, en direction de la passe. Les enfants apprécient toujours d’explorer les fonds marins. Camille passe plus de temps en apnée sous l’eau qu’à la surface. Elle nagera même avec une murène en pleine eau, tandis que Naël prendra peur et filera à tout vitesse.

Tikehau

Après environ 40 miles sous de petits airs et une mer belle, conditions idéales pour satisfaire mes besoins de sérénité, nous voilà arrivés à Tikehau. Dernier atoll au programme de cette découverte des Tuamotu. Sauf si le temps le permet, nous nous arrêterons sur Makatea durant notre descente sur Tahiti.

Nous arriverons en début d’après-midi dans la passe ne présentant pas de difficulté particulière. Tikehau présente une passe unique dans tout l’atoll. Trouver ses horaires de marées n’est pas facile. Le petit programme téléchargé sur internet, Guestimator, ne donne pas ses horaires de marées. Nous nous calerons donc sur celle de l’atoll voisin : Rangiroa.

Mouillage de la passe

Le village étant situé au sud-ouest, il est mal protégé des vents dominants de nord-est. Nous nous mettrons donc juste à la sortie de la passe, un peu plus au Nord. Deux bouées sont présentes et abritées de la houle par une barrière de corail. Malgré cela, quelques vaguelettes viennent perturber la stabilité de Niue mais cela reste tout à fait confortable par 15 nœuds de vent. Les bouées sont placées devant «le village» des pêcheurs. Celle plus au nord présente à ce jour 3 torons du gros cordage cassés et prenez garde car l’amarre est profonde sous l’eau. Les 2 bouées présentes ne doivent pas être prises comme amarres. Celle du sud semble mieux.

Dès notre arrivée, le besoin de se dégourdir les jambes et de découvrir se font ressentir, malgré notre réveil matinal à 5h30. Nous découvrons plusieurs maisons le long du lagon. Les habitants sont tous très accueillants et nous échangeons quelques mots. Une petite digue est présente, ou plutôt une sorte de muret. Un des habitants nous explique qu’auparavant, il y a environ 20 ans, il y avait beaucoup de sable. Il nous montre un portique à bateau un peu éloigné du rivage et nous dit que celui-ci était au bord de la plage. Il se trouve maintenant dans l’eau à une quinzaine de mètre du bord. Le sable a peu à peu disparu. Afin de protéger le rivage, ce muret a été construit. Il nous dit aussi que le vent n’est plus le même qu’avant. Tout est perturbé.

Nous apprendrons aussi qu’ici dans la passe de Tikehau, une fois par an, des surfers viennent pour surfer à l’extérieur de la passe quand le vent du nord est là. Il nous redit que tout est modifié, car auparavant ce vent durait un mois ce qui n’est plus le cas maintenant.

Comme à notre habitude, nous ferons le tour du motu. Nous passerons le long de la passe puis rejoindrons le platier côté océan. Un platier assez étendu et facilement accessible à pied. Un beau paysage s’offre à nous, l’étendue du platier rend un panorama incroyable. Nous revenons par un hoa : une étendue d’eau reliant l’océan à la passe. Comme une petite rivière, cela nous donne envie d’y revenir le lendemain pour y passer du temps et nous baigner dans le courant.

Nous savions que Tikehau était connu pour son sable. En effet, en posant pied à terre, nous remarquons que le sable «fin» est plus présent ici que dans les autres atolls.

Snorkeling dans la passe

Après plusieurs essais à différents endroits, nous optons à l’unanimité pour le côté Nord-Est de la passe comme endroit le plus beau. Cet endroit se trouve à l’extérieur de la passe, pas loin d’une bouée. Le fond est parsemé d’un tapis de petits coraux.

La vie marine y est très présente, mais nous ne verrons pas de pélagique. Nous observerons bien la délimitation de la barrière de corail: plus loin le corail stoppe net et laisse place à une étendue de sable et de quelques coraux morts. Nous sentons que nous entrons dans les mois les plus chaud de l’année. L’eau y est plus chaude, les enfants prennent plus de plaisir et restent plus longtemps dans l’eau.

Cap au motu Mauu

Nous voici mouillés devant un motu situé dans le lagon à 2 miles du village. Un site où auparavant il y avait une ferme perlière. Le lieu est connu de tous pour être un lieu où les raies Manta viennent se faire nettoyer par des poissons dans environ 8 mètres d’eau.

Malheureusement la visibilité est souvent mauvaise, elles restent donc par moment difficilement visible. Les tours opérateurs restent la plupart du temps dans le Sud/Sud-ouest du motu, mais nous les verrons mieux à l’Est. Nous décidons de partir du Nord en annexe et de nous laisser porter par le courant jusqu’au Sud en tirant l’annexe. Des moments de suspense, la visibilité n’est vraiment pas bonne. Nous sommes sur le qui-vives et scrutons autour de nous. A chaque fois que nous en croisons une, je me fais surprendre. Il faut dire que ce n’est pas une petite bête qui te fait face. Leur envergure et leurs mandibules sont vraiment importantes. Quels beaux moments. Une splendeur de les voir évoluer en douceur, majestueusement.

Nous profiterons de cette escale pour visiter le motu. Nous découvrons un sanctuaire d’oiseaux. Des nids dans les arbres avec des œufs, d’autres avec des oisillons et nous découvrons également des œufs et des petits sur la plage.

Certains oiseaux couvent à même le sol. Les œufs sont posés sur le sable corallien. Leur couleur est quasi identique. Nous devons prendre garde où nous posons les pieds. Clairement, nous dérangeons tout ce petit monde. Les adultes tournoient au-dessus de nos têtes. Certains hésitent à revenir sur leur nid. Nous ferons le tour du minuscule motu en moins de 10 minutes et nous repartirons afin qu’ils puissent retrouver un peu de sérénité.

Le village de Tuherahera

Nous voici dans l’unique village de Tikehau. Niue est mouillé un peu plus au nord devant la pension Hotu, plus abrité par le vent d’Est/Sud-Est. Nous irons à pied jusqu’au village. Un joli petit village avec plusieurs rues, un petit centre avec l’école, l’OPT (la poste avec un distributeur de billet !), la gendarmerie et la Mairie.

Durant cette ballade, nous serons encore surpris par la végétation. Non ce ne sont pas nos sens qui sont en manque, mais bien la végétation qui a changé depuis l’atoll de Rangiroa. De l’herbe, des pins, des arbres à pin (le uru), quelques bananiers et des manguiers, wow que ça fait du bien. Nos sens sont en éveils. Nous passerons même à un endroit surprenant et beau avec des pics de corail noir recouvert de végétation.

L’atoll comprend environ 530 personnes. Il est desservi par avion chaque jour. Un atoll qui a un attrait touristique important. Le bateau avitailleur Dory passe tous les mardis et un autre toutes les deux semaines.

Nous partirons plus à l’Est car le vent forcissant rend le mouillage agité et inconfortable.

Quelques mouillages dans l’Est

Nous irons découvrir quelques motus dans l’Est. Premier mouillage non loin d’une jolie pension sur pilotis. Le décor y est très beau. Du sable, encore du sable fin. Oui n’exagérons rien, ce n’est pas le sable de Barbuda, mais du sable qui ne fait pas mal au pied est appréciable et les enfants sont heureux de pouvoir faire à nouveau des constructions de sable. Côté océan, ici aussi le platier est très étendu et offre un super paysage. Décidément, nous retiendrons Tikehau pour son sable, ses platiers à perte de vue et sa végétation dans le motu du village.

Nous remontons un peu plus haut vers l’île d’Eden ou connu également sous le nom du Jardin d’Eden.

Un lieu où nous pouvons nous approvisionner en fruits et légumes. Nous irons à terre pour acheter de quoi remplir notre frigo. Avant d’arriver à terre, il y a plusieurs maisons sur pilotis, plusieurs pancartes avec des slogans comme : «Revenez en Eden pour être des fermiers comme à l’origine», «Le prophète de toutes les nations à l’Est le saint Mt Sion à Taiwan», «le prophète a retrouvé l’Eden perdu pour l’humanité» ou «croire en celui que Dieu a envoyé, c’est faire l’œuvre de Dieu». Il semblerait que nous soyons dans un endroit religieux.

Les panneaux à terre donne le ton : «Visite fermée. Pour achat de légumes et de produits. Veuillez patienter à la plage. Merci».

Deux jeunes femmes portant un masque chirurgical viendront après 10 minutes nous voir. La personne qui s’occupe du commerce n’est pas là, mais nous repartirons avec 3 belles salades vertes, du pota et comme cadeau des mûres et du mangana. Petit cadeau très apprécié chez les enfants, comme chez les adultes. Des mûres ! Cela faisait longtemps que nous n’en n’avions pas mangé. Camille ne se souvenait pas du goût, mais Naël a tout de suite remarqué qu’il n’était pas le même. Elles sont beaucoup plus douces et l’apparence un peu différente. Nous savons également qu’ils ont du miel, des œufs et de la vanille. Nous retournerons le lendemain quand le gérant sera là. Les deux jeunes femmes nous expliquent qu’elles portent le masque pour se protéger du Covid et que c’est pour cette raison que nous ne pouvons pas visiter le motu. Ils sont 2 familles à vivre ici. Nous apprendrons qu’avant la pandémie, ils étaient une dizaine de famille à vivre ici.

Toujours en compagnie du bateau copain Pachamama, nous profiterons de la plage voisine et continuerons le lendemain vers un autre sanctuaire d’oiseaux.

Motu Puarua

Voici un autre sanctuaire d’oiseaux. Après celui du Motu Mauu et celui de Tahanea, je me suis demandée si cela valait vraiment la peine de s’arrêter à nouveau dans celui-ci. Et bien oui ! Si vous passez dans les Tuamotu et que vous souhaitiez voir un sanctuaire d’oiseaux, celui-ci est le plus beau et le plus grand.

De loin, nous pourrions croire que nous avons enfin un petit mont à gravir. Sa végétation et ses palmiers laissent croire qu’il y a un peu de dénivelé, mais malheureusement non. Oui un grand manque d’ascension se fait ressentir ! Nous ne sommes même pas arrivés que déjà les oiseaux tournois autour de Niue et jouent avec ses étraves. Nous mettons l’ancre sous le vent du motu. Un mouillage un peu rouleur. De suite, l’odeur de la fiente d’oiseaux envahie notre habitat. Comme prévu avant de venir, nous ne venons que quelques heures pour observer les oiseaux et nous repartons à nouveau dans le sud nous abriter. Le vent est toujours bien soutenu.

Après avoir attendu que les 2 bateaux de charter ainsi que 2 tours opérateurs soient partis, nous allons observer les oiseaux. Des oiseaux par milliers, des fous, des sternes, … un nombre inimaginable d’oiseaux vivent sur ce motu.

Des piaillements, des chants, des sons incessants. Nous suivons un petit chemin qui fait tout le tour du motu. La proximité avec les oiseaux pour certains n’est que de quelques centimètres.

Par moment, nous rebroussons chemin. Les oiseaux nous attaquent, nous marchons en agitant une main au-dessus de notre tête. Nous empruntons un autre chemin pour éviter de les perturber plus.

Des nids par milliers, certains avec un œuf, d’autre avec un oisillon. Des œufs posés ici et là à même le sol, nous en verrons même un posé sur une branche d’arbre.

La végétation est belle, une palmeraie au centre et des petits arbres sur le pourtour, d’où cette vision de colline. Côte au vent, les oiseaux volent sur place entre les arbres tellement le vent est soutenu. Nous voyons plusieurs couples de sternes blanches posées sur les branches. Ils se déplacent toujours en couple.

Nous repartons heureux de cette beauté, heureux de voir autant de vie au même endroit, heureux et privilégiés d’avoir vu cela en compagnie de nos amis germano-suédois du voilier Pachamama.

On file dans le sud des Tuamotu

Ça y est une fenêtre météo s’annonce parfaite pour descendre sur notre dernier stop des Tuamotu, Makatea. Une escale qui s’annonce très différente du reste de cet archipel.

Avant cela, nous passerons un dernier moment en compagnie de nos amis. Nous partagerons différents mets autour d’un feu.

Un dernier moment où nous découvrirons comment faire cuire de la pâte à pain autour d’un bâton de bois.

Des échanges, des partages et du soutien.

Des moments appréciés quand nous sommes loin de tout, loin de notre famille et de nos amis. Nous nous quittons pour peut-être se revoir chez eux, chez nous ou ailleurs dans le monde. Nous sommes tous des voyageurs que l’on soit sédentaire ou non, et les voyageurs sont fait pour se retrouver.

Nous vous disons à très vite pour le clap de fin de ce temps passé dans les Tuamotu.

Un moment pour méditer :

« Vous ne pensez pas être un voyageur! Pour moi, chaque personne est un voyageur. La vie est un voyage en soi. Nous voyageons dans notre intérieur, nous voyageons dans nos rêves, nous voyageons en écoutant les autres et en lisant, et nous voyageons tous les jours dans nos pensées. »