Panama côté Pacifique

Panama côté Pacifique

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L’après canal de Panama

Nous voilà donc dans le Pacifique, bien bien ! Le passage a été un moment fort de notre voyage. Des portes qui se ferment sur le passé, sur ce que nous avons vécu pendant plus d’une année dans les eaux de l’Atlantique, qui nous éloignent toujours un peu plus de notre point de départ et de notre famille, de nos amis, de nos racines. Une porte qui se ferme, mais nous ne la fermons pas à l’intérieur de nous.

Un passage déstabilisant pour notre famille. Il y a eu beaucoup d’émotions, de changements pendant deux jours, des imprévus réels et possibles. Des moments qui sont destabilisant pour notre famille, il nous faut un certain temps pour retrouver un équilibre. Dans notre joie, nous avons entraîné nos enfants dans ce tourbillon d’émotions. Pour notre enfant autiste, le «après» canal devait avoir changé quelques choses, mais en fin de compte nous sommes toujours sur l’eau, dans le même voyage, dans le même pays et cela il ne le comprend pas. Il s’en suit une certaine frustration et un questionnement de notre part. Nous n’avons certainement pas pris assez le temps d’expliquer, de faire des schémas visuels, mais nous n’oublierons pas cette expérience et continuons notre quête de compréhension de notre fils, mais aussi de notre fille.

Après une semaine, nous reprenons tranquillement notre rythme et retrouvons notre équilibre précaire. Quelques heures de repos supplémentaires et nous voilà partis découvrir Panama City.

Niue se situe dans le mouillage de la baie de Panama, à «Las Brisas de Amador» vers Isla Perico. Depuis ce mouillage, nous apercevons Panama City au loin. Une vue agréable qui change des vues que nous avons l’habitude de voir. Nous nous permettons de nous remémorer un souhait que nous avions voulu réaliser un jour, mouiller en voilier à New York. Une envie que nous avons décidé de ne pas réaliser dans ce voyage pour plusieurs raisons. Des regrets ? Je ne crois pas. Nous apprenons à assumer nos choix. Des envies étaient plus fortes que celle-ci, d’où l’importance de connaître ses envies et de pouvoir les prioriser.

Panama Viejo

Nous profitons que mon papa soit à bord pour visiter Panama City pleinement. Nous nous rendons à Panama Viejo, cet endroit fût le tout premier emplacement de la ville de Panama City, construite en 1915, elle fût la première ville européenne côté Pacifique et joua un rôle important dans le transit de l’or et de l’argent transitant du Pérou jusqu’à l’Espagne. Attaquée par les pirates, elle fût saccagée entièrement, puis reconstruite par la suite à l’endroit actuel où se trouve Panama City. Nous avons pu découvrir ce lieu. La plupart des endroits sont en ruines, mais subsiste encore la tour de la cathédrale.

Une ballade sous une chaleur écrasante avec pour une fois une autre perspective étant situé à l’est de la ville. Les enfants se sont amusés à déambuler dans les ruines et observer les nombreux iguanes. Il faut savoir que certaines pierres ont été apportées pour construire d’autres édifices dans le Casco Viejo. Un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Casco Viejo

C’est la vieille ville actuelle de Panama City qui a été construite en 1673. Un quartier très agréable, la plupart des bâtisses ont été ou sont en rénovation, ce qui peut parfois surprendre quand vous passez une rue dans laquelle vous avez le avant et le après réunis.

Tout est très propre et très surveillé. Une ville située sur le bord de mer et bordée par des murs épais. A certains endroits vous apercevrez seulement la façade de l’église ou de l’immeuble ce qui apporte beaucoup de charme.

Ici se trouve de nombreuses églises, mais aussi des musées et des bâtiments gouvernementaux.

A quelques encablures de là, si vous ne vous faites pas redirigier par la police, vous arrivez dans un quartier complètement contrastant. De très beaux bâtiments, mais délabrés. Un lieu où vous ne vous sentez pas forcément à l’aise et où vous ne vous attardez pas. Nous apprendrons par la suite que la drogue sévit dans ce quartier et qu’il n‘est pas recommandé de s’y promener.

Parc Metropolitano

Ce parc, ou plutôt réserve, est le poumon de Panama City avec ses 232 hectares. Plusieurs sentiers sont possibles, certains en terre et d’autres goudronnés. Une ballade agréable dans une forêt luxuriante avec une belle faune et flore. Nous y apercevrons des petites tortues d’eau, des singes, des chemins de fourmis et des rongeurs.

Le point culminant, le Cerro Cedro, à 150 mètres d’altitude donne une jolie vue sur une partie des buildings de Panama City. Ce parc est aussi un lieu pour la recherche. Une grue y est installée pour observer la canopé.

Parc Cerro Ancon

Une autre réserve dans la ville qui totalise 68 espèces de faune et 199 espèces de flore. Une ballade à l’ombre ressourçante et l’arrivée au sommet est souvent venteuse ce qui rend le moment vraiment agréable. Nous y verrons notre premier tatou !

Un sommet qui dévoile à 199 mètres d’altitude le fameux drapeau du Panama visible depuis de nombreux endroits. De là, vous avez des supers points de vue sur le canal de Panama, les buldings et le Casco Viejo. Cette colline était utilisée par les espagnols comme point de surveillance depuis 1671 et utilisée comme un réservoir d’eau, puis comme point de surveillance contre une potentielle attaque du canal pendant la seconde guerre mondiale.

A cet endroit, nous ferons la connaissance de Caridad et de son fils Edouardo. Edouardo vient me dire bonjour et malgré la barrière de la langue, je m’aperçois qu’il me répond par écholalie. C’est à dire qu’il répète ce que je viens de dire. D’autres signes m’interpellent et qui ne trompent pas, me font tout de suite dire qu’Edouardo est autiste. Peu après, sa maman m’explique qu’Edouardo est autiste, mon coeur se serrre et j’explique à mon tour que notre fils est aussi autiste. S’en suit une longue discussion avec mon espagnol de base et google translate nous seras d’une grande aide. Ayant toujours notre idée de sensibiliser à l’autisme, à sa vision selon le pays, nous proposons à Caridad un entretien quelques jours plus tard. Un échange fort, une rencontre improbable et touchante. Nous n’avions pas forcément besoin de nous comprendre pour savoir ce que nous vivions avec nos enfants, les difficultés pour eux et pour nous parents.

L’autisme, la différence n’a pas de frontière. Ils nous réunissent tous quelque soit notre culture, notre religion, nos croyances. Une différence qui nous ouvre à d’autres différences, qui nous change notre regard.

Panama City est certes une grande ville, mais avec une possibilité de s’évader dans les nombreux parcs et réserves dans la ville même, ce que nous avons beaucoup apprécié. Le bord de mer est entièrement piéton et est très agréable, cependant il fait une telle chaleur qu’il est impossible de s’y promener en pleine journée.

Mercado de Mariscos

Un incontournable de venir acheter son poisson ici ou tout simplement déambuler dans la hall et manger du poisson dans un des nombreux restaurants qui s’y trouvent.

Voir toutes ces bateaux de pêche avec en arrière plan les buildings est saisissant.

Nous avons pu échanger avec certains pêcheurs et continuer la ballade le long de la mer jusqu’au Casco Viejo.

Pour s’évader un peu de la ville

Le mouillage de Las Brisas n’est pas des plus idylliques et dans l’après-midi en général le vent se lève et rend le mouillage inconfortable. La baignade n’est pas vraiment recommandée au vu du nombre de bateaux qui s’y trouve et à la couleur de l’eau. En journée, la chaleur est vraiment écrasante et la baignade nous manque. Nous aimons les mouillages un peu plus sauvage. Nous avons donc trouvé l’alternative de passer quelques jours par semaine à l’île de Taboga.

Un peu de slalom entre les cargos et nous voilà 8 miles plus loin dans une île avec beaucoup de charme. Bon oui selon où vous regardez votre toile de fond sera… des cargos !

Mais Taboga c’est aussi plusieurs balades que nous avons toutes faites avec des beaux points de vue.

Une multitude de fleurs, de pélicans, de grenouilles vertes et noires, de mygales, de serpents et de jolies découvertes.

Les habitants sont d’une très grande gentillesse.

Ici, côté Pacifique, les marées d’environ 4 mètres façonnent le paysage et on ne s’en lasse pas. Les enfants aiment jouer sur la plage, la marée donne encore davantage d’attrait. Au bout du village, se trouve une bande de sable qui relie une île, à marée haute la bande de sable est souvent recouverte et les enfants s’amusent avec les vagues et observent la mer qui se rejoint.

Un bel endroit pour se préparer avant la transpacifique et en attendant notre gennaker.

C’est ici que nous dirons au revoir au bateau copain Sanuk. Cette fois-ci nos routes se séparent pour de bon. Merci pour le partage !

La suite

Nous décidons de ne pas faire halte aux Galapagos pour plusieurs raisons. La première étant le prix élevé pour s’y arrêter. Deuxièmement, la coque du bateau doit être vraiment propre, il ne doit y avoir aucun coquillage et nous savons que nous ne pourrons pas remplir ce point. Troisièmement, au vu de nos particularités liées à l’autisme nous préférons éviter tout imprévu comme pour finir ne pas pouvoir s’arrêter et continuer pour trois semaines supplémentaires. Nous sommes prêts dans nos têtes à être 4 semaines en mer et notre objectif est bien ancré. Notre regard est porté à l’ouest sur les îles Marquises.

Un temps pour méditer :

L’autisme n’a pas de frontières, ouvrons nos frontières intérieures.